Affaire du Probo Koala

Publié le par Jacques

Source : Wikipedia.

L'affaire du Probo-Koala est une catastrophe environnementale survenue en Côte d'Ivoire en septembre 2006 qui fit 8 morts, 37 blessés graves et 7000 intoxiqués.

Elle tire son nom du navire pétrolier qui a acheminé les déchets en Côte d'Ivoire en août 2006. Le Probo-Koala est un navire pétrolier immatriculé au Panama et appartenant à une compagnie grecque, et affrété par la société hollandaise et suisse Trafigura. Ce pétrolier a déchargé au port d' Abidjan en août 2006 des déchets toxiques, ces derniers, répandus à terre en zone de décharge entraînèrent la mort de 8 personnes et l'intoxication de 6000 autres.

Le parcours du Probo-Koala

Amsterdam (Pays-Bas) 2-5 juillet 2006

Le Probo Koala, propriété d’un armateur grec, naviguant sous pavillon panaméen (pavillon de complaisance) et loué par Trafigura-Londres, la filiale anglaise de Trafigura voulait faire retraiter à Amsterdam, début juillet 2006, un mélange d'essence et de lessive de soude. Les résidus toxiques du Probo-Koala déchargés à Abidjan en août 2006 étaient déjà dans les citernes lorsque le bateau a relâché à Amsterdam, au début du mois de juillet 2006. La société a refusé la décontamination, qu'elle jugeait trop longue et trop coûteuse.

Le retraiteur APS, lors de tests en laboratoire, a remarqué alors que les substances ne correspondaient pas aux informations données plus tôt par le donneur d’ordre. Selon le directeur d’APS, il s’est ensuivi une négociation sur le prix qui n’a pas abouti. Les résidus qui avaient entre-temps été transbordés sur un petit navire, ont été rechargés sur le Probo Koala. L’opération ayant causé une grande puanteur du fait de la présence de fortes quantités de sulfure d'hydrogène (H2S), le Ministère public de La Haye a fait ouvrir une enquête sur d’éventuels transgressions des règles environnementales.

Les services de l'environnement d'Amsterdam ont tenté de faire immobiliser le navire, mais se sont heurtés à l'administration nationale. Les services chargés de l'inspection des navires ont, en tout cas, laissé le tanker faire route vers l'Estonie, puis le Nigeria et la Côte d'Ivoire.

Le pétrolier qui a transporté des résidus toxiques de fioul en Côte d’Ivoire aurait pu faire retraiter ces déchets à Amsterdam, mais le donneur d’ordre a trouvé que c’était trop coûteux. Le propriétaire du navire était tenu de faire retraiter les résidus par une entreprise de retraitement internationalement reconnu, commente le retraiteur Amsterdam Port Services (APS), auquel le Probo-Koala s’est adressé début juillet 2006.

Paldiski (Estonie) 9-13 juillet 2006

Chargement de produits pétroliers

Lagos (Nigéria) 1er-7 août 2006

Livraison de la cargaison de pétrole

Abidjan (Côte-d'Ivoire) 19-22 août 2006

A Abidjan, la compagnie Puma Energy, filiale de Trafigura, a pris contact avec la société Waibs, un intermédiaire qui conseille de faire affaire avec la société Tommy, agréée depuis le 12 juillet 2006, qui se chargea de l'épandage des produits dans une dizaine de décharges autour d'Abidjan.

Selon la direction de Trafigura Beheer BV, les déchets incriminés étaient un mélange d'essence, d'eau et de soude caustique résultant du nettoyage des cuves du navire. La firme assure avoir communiqué aux autorités ivoiriennes la nature des déchets et dit s'être assurée au préalable de leur "élimination sûre". Trafigura a expliqué qu'il s'agissait de "slops", des déchets maritimes, des boues qui restent au fond des citernes des navires. Les "slops" font l'objet d'une convention internationale (Marpol), qui interdit de les rejeter en mer. Les slops sont exportables pour être retraités dans des installations adéquates.

Les experts qui ont analysé les déchets pensent avoir détecté du sulfure d'hydrogène, qui peut être mortel à forte concentration. Trafigura pourrait avoir menti et s'être débarrassée en Afrique de résidus provenant de stockages industriels en Europe. Ces déchets industriels sont régis par la convention de Bâle et doivent être retraités au plus près et ne peuvent être exportés sans vérification de destination.

La quantité de déchet déversée par le Probo Koala reste inconnue. La société Tommy en a déchargé 528 tonnes.

Padilski (Estonie) (septembre 2006)

Le bateau panaméen est maintenu bloqué par Greenpeace dans le port de Padilski en Estonie. Le 26 septembre 2006, la Côte-d'ivoire demande une première fois, de façon officielle, le blocage du bateau. Les autorités estoniennes condamnent ce blocage et arguent qu'il n'y a pas de loi qui permette de bloquer un bateau et que les arguments avancés sont insuffisants. Le 27 septembre 2006, la Côte d'ivoire demande, une nouvelle fois, le blocage de ce bateau le temps d'une enquête. Le gouvernement de Tallinn accepte et immobilise le Probo Koala. La police criminelle estonienne a été envoyée au port de Paldiski pour l'empêcher de prendre la mer. Le ministre estonien de l'environnement déclare qu'il y a des traces de produits similaires dans la mer baltique.

La nature de la cargaison

Selon l'affréteur Trafigura

  • Selon Trafigura, il s'agit de slops, des résidus de fonds de câle peu toxiques. La compagnie néerlandaise affirme que ceux-ci ont "une teneur toxique très faible".
  • Le 25 septembre 2006, Trafigura a indiqué qu'elle disposait de tests indiquant la "teneur toxique très faible" de ses "eaux de nettoyage". Les résultats proviennent du laboratoire Saybolt, à Rotterdam, dont un des responsables, Jan Heinsbroek, a émis des doutes sur les échantillons qu'il a expertisés.

Selon les enquêteurs néerlandais>

  • Trois enquêtes sont ouvertes aux Pays-Bas: le parquet, la ville d'Amsterdam et le ministre des transports tentent de déterminer dans quelles circonstances le navire a pu quitter le pays alors que ses soutes ne contenaient sans doute pas que des résidus issus d'un nettoyage.
  • Selon une enquête du parquet néerlandais, cité le 23 septembre 2006 par le quotidien néerlandais de centre gauche De Volkskrant, le Probo Koala aurait raffiné en pleine mer du pétrole brut, en mélangeant soude et naphta. En mai et juin 2006, le Probo Koala aurait pu transformer 70 000 tonnes de pétrole brut en essence, en pleine mer. Selon De Volkskrant, le Probo Koala a reçu trois cargaisons de 28 000 tonnes de naphte en provenance des Etats-Unis.
  • L'opération de transformation consistait à libérer le soufre contenu dans le naphte à l'aide de substances dérivées de la soude et d'une substance adjuvante, un produit catalyseur utilisé dans les raffineries, appelé ARI-100 EXL. L'essence ainsi produite n'est pas exempte de soufre et ne pouvait donc être commercialisée en Europe. Elle pouvait, en revanche, l'être en Afrique (Le navire s'est rendu au Nigeria début août 2006). Ce sont les 70 tonnes de résidus de l'opération qui auraient été déchargé en Côte d'Ivoire.
  • Cette manipulation aurait généré un bénéfice de 8 millions de dollars (5,5 millions d'euros) pour Trafigura, qui a jugé ces informations "complètement inexactes". Ce raffinage sauvage aurait formé des déchets très toxiques, dont 72 tonnes de résidus soufrés. (Le Monde des 24 et 26 septembre 2006)

Selon l'ONU

  • Selon un rapport de l'ONU, les déchets contiennent de l'hydrogène sulfuré, qui en quantités importantes peut être mortel. Un expert des Nations unies a affirmé que le déchargement de ces produits constituait clairement une infraction aux lois internationales sur le traitement des déchets toxiques.

Les suites

Gouvernement ivoirien

Le premier ministre ivoirien Charles Konan Banny a démissionné l'ensemble de son gouvernement le 6 septembre 2006 coupable selon lui de "négligences" dans l'affaire. Le 16 septembre 2006, il a nommé deux nouveaux ministres: transports et environnement.

Anaky Kobenan, ministre des transports, et Jacques Andoh, de l'environnement, n'ont pas été renouvelés. Le gouvernement ivoirien a également suspendu de leurs fonctions le directeur général des douanes, le directeur du port autonome d'Abidjan, le gouverneur du district d'Abidjan et le directeur des affaires maritimes du ministères des tranports.

Procédure judiciaire

Sur le plan judiciaire, sept Ivoiriens et un Nigérian ont été arrêtés à ce jour par les autorités ivoiriennes.

Enlèvement

L'enlèvement devait débuter le 17 septembre 2006 sous la houlette de la société Trédi, filiale du groupe français Séché, spécialiste du traitement des déchets.

Trafigura

Le 16 septembre 2006, deux dirigeants de Trafigura, Claude Dauphin et Jean-Pierre Valentini, ont été interpellés à l'aéroport d'Abidjan. Les deux hommes ont été remis à la police judiciaire ivoirienne, qui les a interrogés, puis mis à la disposition du procureur de la République qui leur a signifié leur mise en examen. Les deux hommes ont été écroués.

Références

  • Pollueurs d'Afrique, Le Monde, 14 septembre 2006
  • Trafigura: Une société au passé très sulfureux, Le Monde, 14 septembre 2006

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Guillaume 11/03/2007 23:54

Dans la suite des chroniques inavouables de Séché Environnement et du territoire poubelle de la République bananière.

A la suite de près d'un siècle d'industries chimiques et de pollutions en tout genre qui attribuent à ce territoire le titre de couloir de la chimie (pour ne pas dire couloir de la mort), mais aussi "territoire poubelle", sa vocation est toute trouvée.

La propagande des autorités nationales et locales va bon train à grand coup de slogans médiatiques vantant les mérites de l'idéologie dominante : "pacte de l'environnement", "développement durable".

Le bon peuple ouvrier, paysan, citadin ou rural conditionné à la consommation, tenu par la peur de la perte de l'emploi et du réchauffement de la planète est transformé en "conso-acteur" ou en "éco-citoyen" pour perpétuer le système et LA cause de l'économie libérale, justifier par LA loi du marché.

Les autorités et les acteurs locaux contextualisent le système par les enjeux qui les touchent de l'aménagement du territoire et qui leur rapportent directement, avec des propagandes locales : "Dynamique du territoire", "territoire vitrine", "au service des citoyens", "intérêt général", jusque dans les documents dits "schéma de COHÉRENCE territorial", dans les Plans locaux d'urbanisme, dans le plan Rhône, les PIED, les chartes de l'eau ou de l'air.

La "morale" de cette république bannière, c'est que l'on ne parle pas des excréments et des déchets de ce système, eux-mêmes réinsérer dans le système marchand à force de ne plus pouvoir les évacuer dans les vieux territoires coloniaux africains.

La déjection se gère comme la consommation, à grand coup de propagande : "valorisation des déchets", "développement durable", "préservation de l'environnement", ... pour remplacer ceux de "écologie" ou "pollution".

Si des inquiétudes venaient à s'exprimer, la bureaucratie doit la "traiter".
Si ces inquiétudes venaient à critiquer, voire à s'opposer, les forces publiques veillent à les faire taire, surtout si, en ses temps qui courent, ces inquiétudes venaient à former une opinion publique d'électeurs.

Et si par hasard l'opinion était déjà "sensibilisée" par un malencontreux événement que les médiats, par la force des choses, ont du "couvrir".

Les autorités sont prêtent à mettre un dispositif d'information (qui aurait déjà du exister), avec promesse de fourniture de documents (qui auraient déjà dû être communiqués), prévision de contrôles (qui aurait dû déjà contrôler), et quelques oboles pour prouver à l'opinion qu'elles ont entendu ses inquiétudes et la rassurer que tout va bien se passer.



En ses temps qui courent ou l'opinion est à séduire, un écart de planning n'est pas grand chose.

Les déchets seront traités comme convenu, avec des grandes messes d'information en plus.

Pas de victimes, donc pas de responsables, donc pas de coupables.
Pas de débat public, donc pas de mauvaises questions.
Pas de débat citoyen, donc que des dossiers d'experts.
Pas d'écolos procéduriers donc pas de recours.
Pas de vision globale, donc pas de tracabilité des décisions.

Rien n'est remonté de la base, juste un peu de rumeur.

Pas de désordre dans la rue, tout va bien.
La loi du silence domine la loi républicaine.

Les vents de la colère des hommes sont dissipés.

Les vents naturels peuvent diluer et diffuser à nouveau la pollution.

Le système et les acteurs peuvent se remettre en marche.
Le développement du territoire peut continuer, ni vu, ni connu (!).
Les grands plans directeurs d'aménagement aussi, ...
et accueillir les projets courants et à venir avec le traitement des déchets d'Abidjan.

-le dossier déposé par la CCI de Station de transit et de prétraitement de mâchefers d’incinération (!)
-un centre de traitement des déchets plasturgiques,
-plus tard la délocalisation du port chimique Rambaud de Lyon.
-...

Il faudra bien le SCOT pour imposer de nouveaux pôles dits de développement économique, notamment 350 hectares sur Salaise.

Dernier projet en date, à inaugurer prochainement à Salaise, le 16 Mars (décidément le mois de mars sera fertile). Une station de compostage "exceptionnelle" et "normalisée" sil vous plait, pour "valoriser" nos déchets en les distribuant gratuitement à ce bon peuple paysan, remixer avec des déchets verts, histoire d'épandre discrètement (mais de manière normalisée) les déchets des stations d'épuration de toute la région dans leur champs et engraisser notre nourriture.

De la pure éco technologie innovante pour de l'agriculture durable et biologique.

Ce que l'article ne dit pas, c'est que les déchets des stations d'épuration, ce n'est pas que du caca nettoyé des bactéries. Ce n'est pas comme le bon vieux crottin de cheval fertilisant.
C'est du déchet ultime, du pur concentré de métaux lourds.

Mais bon, si des "inquiétudes" venaient à s'exprimer, on fera un CLIS, des équipements HQE et des éoliennes.

La vocation poubelle du territoire se confirme par les autorités territoriales locales.

Avec le fret ferroviaire "contournement de Lyon" (!), fluvial, avec le COL, Transrhône, pour alimenter tout cela du Nord au Sud et d'Est en Ouest, tout les ingrédients du "développement durable" sont en place pour "détruire définitivement" notre territoire.

Mais je suis un éco citoyen. Je vais trier mes poubelles, mettre du bois dans ma cheminée à la norme écoflamme, acheter une voiture environnementale pour ne pas émettre trop de CO2, et ne pas fumer lors de la prochaine réunion publique pour ma santé et la santé publique et faire mon devoir d'électeur aux trois prochaines échéance de cette république bananière en regardant mon émission préférée "c'est mon choix".

Un habitant du territoire poubelle
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