Trilogie des Qatsi - Koyaanisqatsi, Powaqqatsi et Naqoyqatsi

Publié le par Jacques

La trilogie

La Trilogie des Qatsi se compose de trois films conjuguant les talents de Godfrey Reggio (réalisation), Philip Glass (musique) et Ron Fricke (direction de la photographie) et dont la réalisation s'est étalée sur plus de 25 ans :

  • Koyaanisqatsi (Ko.yaa.nis.qatsi (tiré de la langue Hopi), nom. l. vie folle. 2. vie tumultueuse. 3. vie se désagrégeant. 4. vie déséquilibrée. 5. un état d’existence qui exige un autre mode de vie.): l’avancée de la technologie sur la nature
  • Powaqqatsi (powaqqatsi [powakkatsi] n. (de powaq, sorcier, et qatsi, vie). Nom donné par les Indiens Hopi d’Amérique du Nord à une manière d’être, une entité, qui se nourrit des forces vitales des autres êtres dans le but de favoriser sa propre existence.) : Les différentes cultures, le contraste Nord/Sud, Nature/Technologie.
  • Naqoyqatsi (Na-qoy-qatsi (tiré de la langue Hopi), nom. 1. Une vie basée sur le meurtre du prochain 2. La guerre comme manière de vivre. 3. (Interpretation) La violence civilisée.)

Une force de ces films vient du fait que l'usage du verbe en a été écarté délibérément; le réalisateur confesse avoir même voulu ne pas lui donner de titre; cela n’étant pas possible pour des raisons légales, il opta pour un titre culturellement neutre formé de deux mots de la langue des indiens Hopis. Restent les images, spectaculaires et très novatrices lors de la sortie du premier film (reprises abondamment depuis, par exemple dans le film IMAX Chronos de Ron Fricke, dans le clip de Jean-Luc Ponty Individual choice, dans le documentaire de la BBC Time Machine, dans le clip "Ray of Light" de Madonna, etc.), et la musique de Philip Glass, étudiée pour les accompagner et en renforcer l’effet dramatique.

Koyaanisqatsi

Koyaanisqatsi est un film réalisé par Godfrey Reggio en 1983, musique de Philip Glass, images de Ron Fricke, produit par Francis Ford Coppola.

Synopsis

Le film ne raconte pas d’histoire, pas plus qu’il ne constitue un documentaire à proprement parler. Il propose simplement des images où l’on joue sur les échelles d’espace et de temps pour montrer au spectateur le monde où il vit sous un angle différent, et l’inviter lui-même à conclure dans le sens qu’il jugera bon. On peut considérer ce film par moments comme une description enthousiaste de la technologie, parfois au contraire comme une vive critique de celle-ci. Le réalisateur admet avoir voulu montrer ce qu’il nomme la beauté de la bête (allusion sans doute à celle de l’Apocalypse)

Une chose en tout cas ne fait pas de doute à la vue du film : la technologie, qui il y a peu (du temps des Hopis, par exemple) était peu visible est maintenant bien présente, et se développe selon sa logique propre. Une image impressionnante d’une ville vue du ciel à différentes échelles se termine par la photographie des circuits d’un microprocesseur; l’image est claire : la population humaine a à peu près autant de liberté quand elle est prise dans son ensemble que les électrons de faire ce qu’il veulent dans un microprocesseur. Même si l’individu reste libre, son ensemble, lui, ne l’est plus totalement et n’est pas programmé pour l’être. La frénésie de l’activité urbaine (dans la très esthétique séquence The grid, tournée à l’accéléré) s’alterne avec une image frappante d’ennui et de vide intérieur des individus quand ils ne sont plus en train de produire (séquences passées au ralenti).

Notes

  • Des événements survenus dans le monde depuis le tournage (explosion en 1986 de la navette spatiale Challenger, attentat du World Trade Center le 11 septembre 2001, guerre du Golfe) interfèrent aujourd’hui fortement avec certaines images du film, lui donnant des connotations qui ne pouvaient bien entendu pas s’y trouver en 1983.
  • Nagoyqatsi, qui utilisait intensivement des moyens de synthèse de l'image alors que ces techniques n'avaient pas encore atteint leur degré de sophistication de 2005, certaines images peuvent paradoxalement sembler vieillies pour cette raison. Il s'agit poutant bien du plus récent et dernier des trois films de la trilogie.
  • Bien que non revendiqué par le situationnisme en tant que tel, le thème de ce film ainsi que ses allusions répétées au thème de la vie transformée en spectacle telle que décrite longuement par Guy Debord incite à le répertorier comme film d'inspiration situationniste, différent par nature des films situationnistes proprement dits.

Films de style similaire

Les films suivants ont un style commun avec la trilogie, qui consiste à présenter un montage sonore et visuel utilisant des échelles différentes d'espace et de temps, en laissant le spectateur mener sa réflexion propre sans interférence directe par le discours. L'analogie concerne ici le style et non le fond, ces autres films ne comportant pas d'aspects politiques ou sociétaux.

  • Baraka (Ron Fricke, Michael Stirns, 1992)
  • Chronos (Ron Fricke, Michael Stearns, 1985)
  • Dogora
  • Samsara
  • Anima Mundi (Godgrey Reggio, Philip Glass, 1992)
  • Microcosmos (Claude Nuridsany, Marie Perennou, Bruno Coulais)
  • Le Peuple migrateur (Jacques Perrrin, 2003)
  • Timescape (Alexander Pappas, 2000)
  • Savage Eden

Liens Externes

Voir aussi

Sources : Trilogie des Qatsi et Koyaanisqatsi (Wikipedia).

Publié dans Environnement

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