Permaculture

Publié le par Jacques

La permaculture est un mode de production agricole soutenable, très économe en énergie (travail manuel et mécanique, carburant...) et respectueux des êtres vivants et de leurs relations réciproques.

Elle est axée sur quatre grands principes : pas de labour, pas de pesticides, pas d'engrais, pas de sarclage.

Origines de la permaculture

Masanobu Fukuoka a expérimenté des techniques pendant près d'un demi-siècle. Au bout de plusieurs dizaines d'années, il cultivait une espèce de riz qui était devenue très robuste à force de sélections et il obtenait des rendements identiques à ceux de la riziculture classique au Japon. À la fin des années 80, alors qu'il envisageait d'envoyer des semences de ce riz très performant dans les pays en voie de développement, ses activités ont connu une fin très brutale lorsque l'armée japonaise a saisi et détruit l'intégralité de sa récolte et de ses semences.

Extension et importance de la permaculture

La pratique de la permaculture a été reprise à la fin des années 70 par Bill Mollison en Australie.

Elle tend également à se répandre en France : environ 1 % des agriculteurs la pratiquent, avec des différences régionales (20 % des agriculteurs d'Indre-et-Loire sont permaculteurs). Ils sont souvent d'anciens agriculteurs productivistes, qui y voient une manière de diminuer les coûts en carburant, matériel (il faut moins de machines, et elles sont utilisées moins longtemps, donc s'usent moins) et engrais. Le travail est également moins long : l'ensemencement par exemple est trois fois plus rapide.

Cependant, le choix du moment de l'ensemencement se révèle primordial. Si de nombreuses conditions ne sont pas réunies, la croissance de la plante est pénalisée dès le départ, et les techniques de permaculture ne permettent pas de rattraper ce retard.

Les 4 principes de la permaculture

Le labour

Le sol est travaillé à la fois par les racines des plantes, les micro-organismes qui décomposent la matière organique, l'activité des vers de terre. Le labour constitue une autre source de travail mécanique.

Les labours profonds, en retournant l'horizon superficiel, perturbent l'activité des micro-organismes anaérobies (ceux résidant en profondeur et ne consommant pas d'oxygène) et aérobies (ceux de la superficie qui doivent disposer d'oxygène pour vivre). Ces labours provoquent également une minéralisation rapide de l'humus stocké en profondeur.

Pour ces raisons, les tenants de la permaculture ne pratiquent pas le labour. L'absence de labour s'accompagne de deux mesures :

  1. une nécessité de conserver une couverture permanente du sol, qu'il s'agisse d'engrais vert ou de mulch (matériau végétal mort constituant un 'tapis' protecteur) ;
  2. le semis de graines 'protégées' : les graines sont enrobées dans de la poudre d'argile avant 'semis direct', ce qui les protège de l'extérieur. Cet enrobage peut même se faire de façon calibrée, ce qui permet d'utiliser un semoir classique.

Cette permanence du couvert végétal permet de réduire fortement l'érosion du sol, diminue le phénomène de ruissellement, une plus grande partie des précipitations étant absorbée par le sol et son couvert, et protège également les jeunes pousses.

Les engrais

La terre n'est pas un support minéral, inerte, mais abrite des centaines de millions de microorganismes qui peuvent enrichir la terre. Les partisans de la permaculture estiment que l'usage d'engrais chimique a des conséquences néfastes, en ne respectant pas la physiologie et la vitesse de croissance des végétaux. Si on augmente leur vitesse de croissance, les végétaux se trouvent fragilisés et donc plus sensibles aux maladies et aux ravageurs, d'où la nécessité de recourir à une protection extérieure artificielle.

Par ailleurs, les engrais ne se contentent souvent que d'apporter des composants majeurs (NPK) en négligeant les éléments secondaires (oligoéléments) qui sont pourtant nécessaires à la plante.

Pour cultiver sans engrais, il faut toutefois pratiquer le retour à la terre des parties de la plante inutilisées après la récolte. En effet la plante s'insère dans un cycle et si celui-ci est rompu par une exportation intégrale de la plante, le terre finira par se fatiguer et des carences apparaîtront. Mais en laissant sur place les chaumes (partie du blé qui n'est pas moissonné), on fournit à la terre un couvert végétal, et on diminue le travail nécessaire.

Les pesticides

Les pesticides chimiques posent de nombreux problèmes, mis en lumière depuis de nombreuses années : bioaccumulation et concentration des résidus le long de la chaîne alimentaire, induction d'une sélection d'insectes résistants aux traitements (ou mithridatisation) nécessitant des épandages toujours plus fréquents, pollution de l'eau et de l'air...

En réalité les déséquilibres induits par les grandes monocultures intensives sont une aubaine pour les ravageurs qui trouvent là les conditions optimales pour leur reproduction et leur alimentation. Dans les systèmes agricoles moins intensifs de polyculture, respecteux des écosystèmes, un certain équilibre s'établit, et la population de ravageurs est auto-régulée car ces ravageurs ne sont que le maillon de la chaîne alimentaire, qui est respectée dans ce type de système. Les haies, mares et autres refuges permettent aux auxiliaires (les prédateurs des ravageurs) de jouer leur rôle. Une rotation judicieuse des cultures et une association intelligente des cultures dans le temps permet bien souvent à la population de ravageurs de rester sous le seuil de nuisance réel tolérable (si l'on tient compte de l'énergie utilisée pour la lutte).

Le sarclage

Pour les agriculteurs pratiquant la permaculture, une couverture du sol est toujours bénéfique. Les mauvaises herbes possèdent des racines qui pénètrent le sol, l'aèrent, l'ameublissent et l'enrichissent. L'observation est de mise : les mauvaises herbes peuvent être d'excellents indicateurs à différents titres (état du sol, type de culture favorable sur cette parcelle...). Lorsque les mauvaises herbes posent des problèmes réels, il convient de les éliminer grâce à d'autres herbes qui les concurrencent plutôt que de gaspiller de l'énergie à les arracher, à la main ou à l'aide d'une machine. Comme pour les ravageurs, les équilibres entre les différentes espèces viennent réguler les débordements.

Principes éthiques de la permaculture
Principes éthiques de la permaculture

Liens externes

  • Encyclopédie Ekopédia:La permaculture. Documents orientés plutôt vers la pensée de Masanobu Fukuoka.
  • http://permaculture.aliero.org/ : Page indépendante et non commerciale de type wiki éditable par tous sur la permaculture de Bill Mollison et l'agriculture naturelle de Fukuoka, en présentant les concepts, réalisations et donnant des pistes pour ouvrir la recherche (bibliographie, liens..).

Source : Wikipedia

Publié dans Environnement

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Mélancolie 11/12/2005 18:40

C'est noté! Et je reviendrai! Et ça y est j'ai donné ton adresse à mon ami! ;)
Bisous! ;)

Mélancolie 11/12/2005 11:51

Bonjour! J'ai lu queques articles de ton blog et j'avous que certaines choses me laisse dans la réflexion, en fit, il y des choses que je ne comprends pas, mais je ne suis peut être pas assez calée! en revanche, je connais quelqu'un qui j'en suis sûre sera très interessé par ton blog et je m'empresserai de lui donner ton adresse! Bisous et bon dimanche! ;)

Jacques 11/12/2005 18:28

Bonjour à toi aussi !
Ce blog est fait pour réfléchir, donc ta remarque est normale.
Pour comprendre, il faut passer du temps, être intéressé par le thème.
Je ne pense pas que ce soit une question d'âge ou de niveau d'étude.
Mais, tu peux peut-être lire les histoires (menu se détendre), même si ce n'est pas toujours de la poésie ..
Bon dimanche à toi aussi,
et pour les jours d'après aussi !