Chirine Ebadi, Prix Nobel de la Paix en 2003

Publié le par Jacques

Chirine Ebadi

Chirine Ebadi (شیرین عبادی en persan ; née en 1947) est une avocate iranienne, défenseur active des droits de l'homme. Elle a reçu le Prix Nobel de la Paix en 2003 pour son action en faveur des droits de l'homme et la démocratie. C'est la première femme musulmane et la première iranienne à recevoir ce prix.

Elle fut aussi la première femme en 1974 à être juge en Iran. Elle a dû abandonner son poste en 1979 à cause de la révolution iranienne lorsque des religieux conservateurs ont pris en main le pays et fortement limité le rôle des femmes.

Elle enseigne actuellement le droit à l'Université de Téhéran et œuvre pour la défense des droits des enfants et des femmes.

Elle est la porte-parole officieuse des femmes iraniennes qui ont joué un rôle clé dans la campagne présidentielle de Mohammad Khatami et depuis elle se bat pour que les femmes aient un plus grand rôle dans la vie publique.

Elle est aussi connue pour prendre la défense des dissidents de premier plan comme celle de la famille de Dariush Farouhar et de son épouse qui ont été retrouvés battus à mort. Il s'agit d'intellectuels menacés par des extrémistes opposés à la politique de Khatami qui a libéré le droit d'expression.

En 2000, Ebadi a été accusée d'avoir distribué une cassette vidéo montrant un de ces extrémistes révélant que des dirigeants conservateurs sont à l'origine de ces violences. Elle a été condamnée pour cela à une peine d'emprisonnement et une interdiction d'exercer. Ceci a attiré l'attention du monde sur les violations des droits de l'homme en Iran.

Elle fait partie de la direction de l'Organisation iranienne de protection des droits de l'enfant et de l'Association des défenseurs des droits de l'Homme en Iran.

Source : Wikipedia

Citation sur la loi française sur l'interdiction des signes religieux à l'école

Je suis d'autant plus contre cette loi qu'elle concerne les écolières. Je considère que celles-ci subissent ainsi une double punition. La première est d'être nées, bien involontairement, dans une famille fondamentaliste qui les oblige à porter le voile. La deuxième est d'être interdites d'écoles, donc de ne pouvoir profiter de la culture qui est leur seule chance de pouvoir s'émanciper. En voulant lutter contre les fondamentalistes, cette loi ne fait que les aider. Parce que ces filles, qui n'auront accès ni à la culture ni à l'instruction, seront les meilleures proies des fondamentalistes : exclues, elles vont se marier, avoir des enfants qui seront les intégristes de demain. D'une manière triviale, je vous dirais que cette loi sert la soupe à tous les extrêmistes : les intégristes, mais aussi les radicaux du Front national !.

Paru dans Le Monde des religions (Juillet-Août 2004) - Article : Sur la loi française sur l'interdiction des signes religieux à l'école

Source : Wikiquote

Réflexions

Les mots "intégriste", "extrémiste" nous mettent dans une position de rejet par rapport à ces personnes, ce qui nourrit davantage cet "intégrisme". Nous-mêmes nous nous comportons alors comme ceux-là mêmes que nous condamnons.

Il est évident que l'intégrisme existe, et qu'il ne faut pas le nier. Mais, il est plus profitable d'offrir une ouverture vers les autres quelles que soient leurs idées et reconnaître leur statut humain ainsi que leurs droits sans pour autant adhérer à leurs idées.

En outre, l'intégrisme existe car des valeurs fondamentales sont bafouées. L'intégrisme est donc une réaction à une injustice qui existait déjà avant. Plutôt que combattre l'intégrisme, nous devrions y rechercher les causes profondes.

Les Nations Unies ont compris cela, c'est pourquoi il y a une telle insistance sur la dimension sociale du développement durable, sur les droits de l'Homme, sur le respect des cultures, religions, croyances de chacun.

Publié dans Développement durable

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Carpette 04/11/2005 13:08

un coucou. Bravo pour ce blog très complet. à bientot. :0014: